École mutuelle

                                             Le droit d’enseigner une compétence devrait être tout aussi reconnu que celui de la parole [1]

Celui qui a vécu une expérience est en capacité de la transmettre. Celui qui a appris peut expliquer. Celui qui a réussi peut l’enseigner. Ce principe est au cœur d’une « pédagogie mutuelle », en particulier pour l’éducation des enfants. Mais ce principe est complètement étranger à la vie de l’école dans sa réalité dominante. Continuer la lecture de École mutuelle

Écosophie (d’un projet)

La vision rationaliste dominante laisse penser qu’un projet d’action embarque avec lui, dès sa conception, l’essentiel de ses ressources. Il est supposé se développer dans la droite ligne du diagnostic qui a présidé à son lancement et des objectifs qui ont justifié sa mise en œuvre. Un projet ne se développe pourtant jamais dans une continuité cohérente. Il se décale progressivement par rapport à son impulsion initiale. Ces écarts et bifurcations [1] sont consubstantiels à son évolution et lui sont profitables. Un projet d’action ne reste donc pas figé dans un horizon limité de possibilités. Au contraire, il va devoir se montrer réactif et réceptif aux multiples événements qui ne manquent pas de survenir. Continuer la lecture de Écosophie (d’un projet)

Faire récit (des expériences)

La façon habituelle de restituer une expérience, et donc de la partager, est d’en faire le récit. L’enjeu est majeur pour les collectifs ou les communautés de pratiques, qu’ils concernent des engagements citoyens, militants, professionnels, de lutte, de recherche ou de création. Les récits d’expérience collective, qui sont aussi des « histoires de vie collective » [1], sont au coeur d’une démarche d’« éducation populaire politique » qui vise à produire les savoirs indispensables aux pratiques d’émancipation à partir des actions et des pratiques telles qu’elles ont été manifestées et expérimentées. Continuer la lecture de Faire récit (des expériences)

Transmission (des expériences)

La transmission des expériences est souvent conçue sur le mode d’une « montée en généralité », au sens où chaque collectif d’acteurs devrait parvenir à dégager – à extraire – de son expérience certaines problématiques de portée plus universelle qui pourraient, dès lors, se transmettre et se partager. Pour ma part, je me méfie de ce détour supposé obligé par le « haut » et par la verticalité à des fins de transmission et de partage. Continuer la lecture de Transmission (des expériences)

Souci de soi

Nous biographions fréquemment nos expériences de vie et d’activité, au sens où nous éprouvons le besoin de les inscrire dans une historicité personnelle. Cette « tentation biographique » caractérise la société contemporaine. Ce besoin de réinscription de nos expériences dans ce qui fait histoire et sens pour soi, à l’échelle d’une vie, vient sans doute compenser l’affaiblissement des grands « programmes institutionnels » [1] et des récits « modernisateurs », parfois émancipateurs, qui leur étaient associés : l’école et sa mission éducatrice, la médecine et sa quête d’un « mieux être »… Continuer la lecture de Souci de soi

Pouvoir

Les pratiques éducatives, sociales ou de soin impliquent inévitablement un rapport de pouvoir dès lors que ces pratiques visent à transformer les conduites de vie, à savoir la façon dont une personne se rapporte à ses études, à sa formation, à sa socialité ou encore à sa santé. Cette mécanique du pouvoir, inhérente à toute pratique sociale, ne peut donc pas être tenue à distance ; il est préférable, pour des raisons politiques et professionnelles, de l’élucider et de la mettre au travail de manière distanciée et explicite tant personnellement que collectivement. Continuer la lecture de Pouvoir

Police & politique

Qu’est-ce qui fait qu’un comportement sera accepté ou non ? Qu’une parole sera entendue ou non ? Que la présence d’un corps sera ou non supportée ? Chacune de ces questions ouvre des controverses « politiques » au cœur de chaque pratique sociale, au plus près de chaque réalité sociale. En s’appuyant sur les notions de « police » et de « politique » problématisées en particulier par Jacques Rancière Continuer la lecture de Police & politique

Commun oppositionnel

Comme le souligne David Bollier, les communs consistent « en la combinaison d’une communauté déterminée et d’un ensemble de pratiques, valeurs et normes sociales mises en œuvre pour gérer une ressource. Autrement dit, un commun, c’est : une ressource + une communauté + un ensemble de règles sociales. Ces trois éléments doivent être conçus comme formant un ensemble intégré et cohérent. De ce point de vue, la question n’est pas de savoir si telle forêt ou tel corps de savoir est un commun. La question est de savoir si telle communauté souhaite gérer une ressource comme un commun, et si elle est capable d’inventer les règles, les normes et les sanctions pour s’en assurer. Continuer la lecture de Commun oppositionnel

Encyclopédie des Fabriques

L’Encyclopédie des Fabriques est un outil de « formation à la recherche » qui s’adresse tout autant au jeune étudiant-e ou doctorant-e qu’au chercheur-e expérimenté en souci de sa formation permanente, sans oublier le farouche autodidacte qui viendra librement brigander dans ces différentes contributions. Continuer la lecture de Encyclopédie des Fabriques